ESSAI SUR L’ORIGINE, LA SIGNIFICATION ET LES PRIVILÈGES DE LA MÉDAILLE OU CROIX DE SAINT BENOIT.

PRÉFACE

Il n’appartient pas aux hommes de juger les effets de la puissance et de la bonté de Dieu. Dans sa sagesse et sa providence, il emploie quelquefois, pour venir à notre secours dans nos besoins, des moyens d’une extrême simplicité, afin d’entretenir en nous l’humilité et la confiance filiale.

L’homme peu éclairé de la foi s’étonne, il est même tenté de se scandaliser, parce qu’il lui semble que les moyens par lesquels Dieu opère sont disproportionnés à sa grandeur. C’est orgueil ou légèreté de penser ainsi ; car Dieu ne se met à notre portée qu’à la condition de s’incliner vers nous.

Quelle grandeur, au contraire, ne fait-il pas paraître, lorsqu’il choisit de simples éléments matériels pour intermédiaires entre lui et nous, ainsi qu’il le fait dans les divins sacrements! N’est-ce pas alors qu’il montre à quel point il est maître de tout, jusqu’à confier l’élément même de sa grâce à des formes si humbles et en apparence si vulgaires? Dirigée par son Esprit, la sainte Église se plaît à l’imiter de loin, en communiquant la vertu divine qui réside en elle aux objets qu’elle a sanctifiés pour le secours et la consolation de l’homme.

Il s’agit, dans cet opuscule, d’un de ces objets sacrés, honoré du contrôle et de la bénédiction de l’Église, et réunissant la vertu triomphante de la sainte Croix qui nous a. sauvés, au souvenir d’un des plus illustres serviteurs de Dieu. Quiconque aime et adore le Christ qui nous a rachetés, quiconque a foi dans l’intercession des Saints qui sont dans la gloire avec le Christ,   celui-là considérera avec   respect la Médaille de saint Benoît; et s’il entend le récit de quelqu’une des faveurs célestes dont elle a été l’instrument , il rendra grâces à Dieu qui nous autorise à nous servir de la Croix de son Fils comme d’un bouclier de salut, et à compter fermement sur la protection des habitants du ciel.

Nous avons rassemblé dans ce petit volume un certain nombre de faits qui témoignent de la protection particulière que Dieu veut bien étendre sur ceux qui mettent leur confiance dans les signes sacrés que retrace la Médaille. Ces faits, auxquels nous n’entendons en aucune façon attribuer la qualité de miracles proprement dits, nous ont été attestés par des personnes en qui nous avons la plus entière confiance. C’est au lecteur d’en apprécier la portée et de prononcer sur leur valeur. Quant au nombre assez considérable de ces faits, nous aurions pu l’accroître encore à l’aide de renseignements que nous recevons de toutes parts ; mais nous avons cru devoir nous borner, et chercher plutôt la variété que le nombre.

Notre désir unique en publiant cet Essai sur un sujet assez délicat, dans un temps bu le rationalisme exerce encore tant de ravages, est d’être utile à nos frères dans la foi. Dans les moments où ils ressentiront le besoin d’un secours particulier du ciel, qu’ils recourent à la Médaille de saint Benoît, comme le font tant de chrétiens, et si leur foi est vive et simple, qu’ils comptent sur la promesse de Notre-Seigneur : cette foi ne restera pas sans récompense.

BENEDICTUS P.P.XIV.

BENOIT XIV, PAPE.